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Cette promenade de découvertes et de dégustation, du gris au pinot noir en passant par l'auxerrois, les vins mousseux,... est une échappée paisible qui, de vignoble en vignoble, traverse les villages typiques des terroirs d'appellation.
Des côtes de la Meuse aux côtes de Toul, de Bruley à Bulligny, de Conz à Marsal, la Lorraine se réveille, belle, mais victime d'un engourdissement, hélas, un peu trop long.
Pourtant, cette région comptait des milliers de viticulteurs et de petits vignerons. Malheureusement sinistrée par le phylloxera au XIXe siècle, la vigne a alors beaucoup souffert. Le vignoble, son environnement artisanal et son folklore appartiennent à l'histoire de ses campagnes et des rives mosellanes. Les pierres, les outils, les alignements d'arpents exposés au meilleur soleil, gardent la mémoire (et aussi le présent ) de ce vin de pays lorrain dont Edmond de Goncourt, nancéen, disait en le buvant : " On dirait un vin de Bourgogne dans lequel commence à prendre naissance le vin du Rhin ! "
Pour des raisons climatiques, contrairement aux régions méditerranéennes, les vignobles des zones tempérées, tels ceux de Lorraine, sont des vignobles de versants ou de côtes. Les côtes (Meuse, Moselle, Barrois,...) sont orientées nord-sud et sont tournées vers l'est, au levant. Elles captent donc le soleil au maximum.
De ce passé, les vignerons tissent de nouveaux mythes ; Un château à Vaux qui reprend enfin vie, un vigneron qui se met à produire un rosé propre à faire rougir les Provençaux à Ancy, un Pinot noir apte à tromper un Bourguignon à Bruley, un Crémant qui pétille fièrement, un Auxerrois, fringant vin de soif. Autant de bonnes surprises que vous réserve le vignoble lorrain qui semble avoir repris vie. Goûtons voir si le vin est bon !
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Les vins de Moselle
Assurément le plus septentrional de France, le vignoble mosellan se trouve principalement au nord-est de Thionville, près de la frontière luxembourgeoise, autour de Sierck-les-Bains. Sa longue histoire et ses vins actuels, ronds, souples et vifs, le consacrent comme étant de grande qualité.
La petite route des vins de Moselle :
Sur la rive gauche de la Moselle, se trouve Contz-les-Bains. Bien exposé au sud et à l'est, ce vignoble surplombe la Moselle. Une grande partie des 80 hectares qui couvre la totalité a été rachetée par des Luxembourgeois. Les vingt hectares restants produisent
1 500 hectolitres, soit 200 000 bouteilles, dont les deux tiers sont à base d'Auxerrois, cépage de référence et autres Muller-Thurgau classés VDQS. Depuis les vendanges de 1995, ils bénéficient de l'appellation " Vin de Moselle ".
Le Pinot noir existe en gris, rosé ou rouge. Parfaitement adapté à nos terrains argilo-limoneux faiblement calcaires, il est aussi plus délicat dans sa vinification. Sa palette aromatique lui a déjà ouvert un avenir prometteur.
Sa situation géographique est exceptionnelle puisqu'elle rassemble sous un même nom des influences rhénanes (région de Sierck-les-Bains) et bourguignonnes (Metz et Vic-sur-Seille). Les vignes hautes et les bouteilles en flûte pour les premières et les vignes basses et les bouteilles bourguignonnes pour les secondes.
À découvrir : Le Musée du Vin de Contz est aménagé dans une maison de vignerons datant du début du siècle. Il s'ouvre au rez-de-chaussée sur deux salles voûtées réservées à la dégustation des crus du terroir. À l'étage, une salle d'exposition dévoile l'univers du viticulteur : pressoir, claie à raisins, entonnoirs et hottes.
En redescendant par Thionville vers le Pays Messin, on découvre sur la rive gauche de la Moselle, toute une série de villages dont l'empreinte d'un riche passé est conservée.
À Marange-Silvange, il reste de nombreuses traces d'un passé prospère tourné essentiellement vers la vigne. La chapelle des Vignes dédiée à Notre-Dame de Lourdes, rappelle l'importance, jadis, de cette activité. Chaque année, en septembre, on y fête encore la vigne.
Scy-Chazelles était l'un des plus gros villages de vignerons du secteur. Cette commune qui abrite la maison de Robert Schuman, se distingue par l'implantation du domaine viticole du Centre d'Expérimentation Fruitière de Laquenexy. On y procède sur deux hectares à des essais de culture réunissant quinze cépages et trois porte-greffes.
À Vaux, joli petit village perché à quelques kilomètres de Metz, une quarantaine d'ares a été réimplantée sur le terroir communal, au lieu-dit " Le Bachot ". Un vin champagnisé est également élaboré (En effet, la champagnisation existe en Moselle dès le XVIIIe siècle. D'ailleurs, les Champenois venaient s'approvisionner en Lorraine certaines années ! ). Ce vignoble est encépagé d'Auxerrois, de Muller-Thurgau, de Pinot noir et gris.
C'est à Ancy qu'une confrérie s'applique à valoriser et faire apprécier le blanc local... et la tête de veau ! On y cultive Auxerrois et Gamay.
Au sud-ouest d'Ancy, après Gorze, Novéant, on arrive rapidement à Vezon. Ce village, berceau de l'appellation grâce aux frères Jaspard, formés durant l'occupation à l'école de Bourgogne, possède un vignoble conduit en système bourguignon bas, haute densité. Chaque deuxième dimanche d'octobre, une fête des vendanges est organisée, et il ne faut manquer de déguster le déjà célèbre " Petit gris ". Les vendanges venant de s'achever, on se régale du vin bourru, blanchâtre, juste tiré des cuves. Quant au " Petit gris ", il accompagne à ravir la charcuterie lorraine et la quiche.
Vic-sur-Seille doit sa renommée à sa délicieuse tarte aux amandes et surtout à son célèbre " vin gris ".
La vigne y était prospère jusqu'au début de ce siècle. De 323 ha en 1898, elle ne comptait plus que 3 ha en 1985. Depuis quelques années, une politique de relance a permis la délimitation de 120 ha en VDQS " Vin de Moselle " et l'introduction de nouveaux cépages de qualité : Muller-Thurgau, Pinot noir, Gamay, Auxerrois, Pinot blanc, Pinot gris.
Chaque année, en janvier, et depuis le Moyen Âge, les vignerons vicois se réunissent en confrérie et fêtent dignement Saint-Vincent. |
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Les vins de Meuse
La vigne s'est installée sur les côtes de Meuse dès le Moyen Âge. C'est au XIXe siècle que ce vignoble atteint sa plus forte extension. Mais après le déclin de 1870, rares étaient les vignerons qui continuaient à utiliser des cépages nobles. En 1945, deux vignobles sont classés en VDQS. À partir de 1974, quelques passionnés décident enfin de reprendre le flambeau.
Ici, les côtes sont moins exposées aux brouillards et aux gelées, plus propices à une insolation prolongée. Le sol est meuble et graveleux, apte à s'échauffer rapidement grâce à la pierraille.
C'est en 1981, qu'une grande partie de la production obtient la dénomination " Vin de Pays de la Meuse ". Ces vins sont flatteurs, vifs au palais et persistants.
Les vins rouges proviennent de Pinot Noir. Ils sont souples, faibles en acidité et sont de très bons vins de garde.
Les blancs sont élaborés à partir d'Auxerrois et de Chardonnay, les gris de Gamay et Pinot Noir et les rosés de Pinot Noir et Gamay. Les méthodes traditionnelles sont des vins mousseux de qualité, issus de cépages d'Auxerrois et de Chardonnay. Ils sont préparés selon la technique champenoise et sont d'excellente tenue, fruités et d'une fraîcheur délicate.
La petite route des vins de Meuse :
Dans le charmant village de Creuë, proche du lac de Madine, subsistent de belles maisons de vignerons typiques que certains viticulteurs ont restaurées afin d'accueillir les visiteurs.
Proche de Vigneulles-lès-Hattonchâtel, à Viéville-sous-les-Côtes, siège la Confrérie des Goûteurs de Vins. Le GAEC de l'Aumonière s'y trouve également. Il est chargé d'élaborer des blancs, des gris, des rouges ainsi que du méthode traditionnelle provenant des 4 ha 30 du vignoble.
Tout proche de là, à Billy-sous-lès-Côtes, on produit également des blancs, gris et rouges et du crémant méthode traditionnelle, issus de cépages cultivés sur 6 hectares.
À Saint-Maurice-sous-les-Côtes, 4 ha de vigne sont exploités. On produit des gris et des rouges, mais aussi du vin méthode traditionnelle et un apéritif local, la " lirette ", à base de jus de raisin et d'alcool.
En poursuivant votre route, vous atteindrez le village d'Hannonville-sous-les-Côtes qui a connu une très importante activité liée à la vigne, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. Un Écomusée permet de se plonger dans l'atmosphère d'une maison villageoise du siècle dernier de paysans vignerons. On y découvre entre autre comment fabriquer un tonneau, une hotte ou un panier.
Baulieu-en-Argonne, au sud-ouest de Verdun, permet d'admirer son magnifique pressoir en chêne à arbre et contrepoids du XIIIe siècle. Il est abrité dans une dépendance de l'ancienne abbaye bénédictine. Pesant 30 tonnes, il permettait de presser 3 000 kg de raisin.
Quant à Void, au sud du département, on y perpétue la très ancienne tradition des vins de fruits. |
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Les vins des Côtes de Toul
Le vignoble toulois a une superficie de 100 hectares répartis sur 8 villages. Pendant la Révolution, les ouvriers deviennent propriétaires de leurs terres ; la vigne couvre 6 000 hectares en 1865. Le vignoble périclite ensuite. Quand il reprend vigueur en 1951, le vin de Toul est classé VDQS. Mieux encore, il reçoit l'appellation AOC en 1997.
Les coteaux orientés est/sud, protégés des vents dominants, surplombent la Moselle. Ce vignoble, qui culmine à 270 mètres, existait déjà en l'an 800 sous Charlemagne. Il bénéficie de conditions naturelles exceptionnelles ; des coteaux argilo-calcaires très bien drainés, des expositions sud et sud-est, un ensoleillement optimal. La sélection des cépages et des porte-greffes est très rigoureuse. Elle est déterminée en fonction du sol et du sous-sol.
Son vin gris est issu du cépage Gamay. Il est obtenu par pressurage immédiat et sa couleur est rosé pâle. Il développe des saveurs florales et son bouquet diffuse un parfum raffiné.
Son vin rouge, de cépage Pinot Noir, friand et fruité est finement tanique. Sa robe est rouge grenat léger. Ses arômes de framboise et de cassis lui donnent une expression fruitée d'une grande intensité.
Son vin blanc est quant à lui issu de cépage Auxerrois. Son reflet d'or vert très clair annonce une grande finesse. Il est fruité et très élégant par ses arômes qui rappellent la pomme. Il est léger et très charmeur.
La petite route des vins des Côtes de Toul :
À l'ouest de Nancy, le village de Lucey, petite bourgade baptisée par les Romains " Vicus lucius ", c'est à dire village de lumière car elle était inondée de soleil l'après-midi, est le plus important village vinicole du Toulois. Tous les ans, à l'époque des vendanges, le vieux pressoir se remet en marche pour la production de ce qui fait la renommée de Lucey, son vin gris.
Boucq, au nord-est de Toul, est un petit bourg accroché au coteau qui n'est pas s'en rappeler les villages provençaux. Son paysage est largement dominé par les côtes sur le versant desquelles alternent vignobles et vergers, essentiellement de mirabelliers.
Quelques kilomètres plus loin au sud, apparaît le village de Bruley et son église au milieu des vignes. En 1932, une fête de la vigne naissait et trente ans plus tard, la Confrérie de la Capucine, qui assure la défense du Côtes de Toul et rend hommage au passé et à ses coutumes. Plusieurs maisons vigneronnes des XVIIIe et XIXe siècles existent encore. Elles sont appelées maisons-boyaux, la " maison du calvaire " en fait partie avec ses 47 mètres de long sur 8 mètres de large.
Mont-le-Vignoble a conservé son cachet de village vigneron. Il est le siège d'une coopérative qui regroupe une douzaine de producteurs.
Une des plus importantes communes vinicoles est Bulligny. Le prouvent, les portes de granges des maisons, plus petites que celles des villages de plaine et le pressoir centenaire exposé devant l'église.
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Le vin des Vosges
Bien que réduite à une centaine d'hectares seulement, la superficie de la vigne vosgienne représentait encore un siècle en arrière, une activité économique importante. Elle couvrait 6 000 hectares en 1889, sur les coteaux les plus ensoleillés de la partie ouest. Malheureusement soumise aux aléas climatiques, sa production était irrégulière et de qualité inconstante.
Le " Père de la vigne vosgienne ", Léon Millet a tenté, dès la fin du XIXe siècle, d'améliorer la qualité des cépages, les conditions de culture et les procédés de vinification.
Hélas, les goûts nouveaux des consommateurs, les guerres et une réglementation défavorable entraînèrent son déclin.
Actuellement, la vigne vosgienne produit une quantité faible de vin gris au bon goût du terroir.
La toute petite route des vins des Vosges :
Le Château d'Adoménil, à proximité de Lunéville, a conservé un beau pressoir à vis, provenant de Rehainviller.
Sept vignerons de Baccarat organisaient une grande Fête des vendanges.
À Epinal, on a décidé de réimplanter une vigne au pied des murailles du château. Ce vignoble est intégré à un jardin médiéval, un verger et des ruches. Il s'agit de renouer avec une tradition ancienne répandue sure les coteaux de la Moselle à Epinal. Les vendanges de septembre créent l'événement. 300 pieds plantés dans un premier temps (hybrides de Chardonnay et de Gamay), puis 150 et 200 en 1994. Un bel hommage au patrimoine, aux produits locaux et aux savoir-faire d'autrefois.
On fête encore la Saint-Vincent à Dompaire, sur la route de Mirecourt. La coutume veut qu'à cette occasion, on déguste d'un trait le vin accompagné d'une tartine de Géromé piquée d'une noix.
À Circourt, au nord-est de Dompaire, une vue panoramique sur les vignes des alentours s'offre à nous.
À Mandres-sur-Vair, on perpétue une tradition, le don d'un litre de vin à chaque famille, pour fêter la prise de la Bastille. Une stèle de Léon Millet se dresse rue des Chenil. Son plant aujourd'hui disparu, produit encore un excellent vin au Minnesota (USA).
Un circuit pédestre, baptisé " les vignes du Montfort " est tracé pour faciliter les randonnées dans les vignobles, autour de Vittel. Beaucoup d'arrêts et de point de vue ponctuent agréablement cet itinéraire. |
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